L’AFC/M23 reprend de nouvelles localités après la prise de plus de 11 zones
Alors que les combats continuent de s’intensifier dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) poursuit l’élargissement de ses positions dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Des informations en provenance de cette région indiquent que les Forces armées de la RDC (FARDC) ainsi que les groupes alliés, notamment les Wazalendo, continuent de reculer après plusieurs jours d’affrontements violents dans cette zone.
Après avoir pris le contrôle de 11 localités, dont Gasenyi, Bukinanyana, Bushiha, Bukumbiriri, Nkokwe, Runigi, Karunga, Nyakigano, Miruta, Musheberi et Kavuta, l’AFC/M23 s’est de nouveau emparée d’autres zones de Masisi, notamment les villages de Katobotobo et Ruki. Ces localités auraient été conquises à la suite de violents combats opposant l’AFC/M23 à une coalition composée des FARDC, des FDLR et des groupes Wazalendo.
Selon des informations recueillies auprès des habitants de ces localités, les combattants de l’AFC/M23 sont entrés dans ces zones après de lourdes attaques menées contre les positions des FARDC et de leurs alliés, entraînant un retrait rapide des forces gouvernementales. Des sources locales rapportent également que certains soldats des FARDC ainsi que des combattants Wazalendo continuent de fuir vers des zones plus éloignées en raison de la pression militaire croissante exercée par l’AFC/M23 dans le territoire de Masisi.
Ces affrontements se poursuivent alors que l’est de la RDC demeure le théâtre de conflits armés depuis de nombreuses années. L’AFC/M23 affiche depuis plusieurs mois une capacité militaire importante sur le terrain, lui permettant de prendre le contrôle de zones considérées comme stratégiques sur les plans commercial, agricole et logistique. Certains analystes estiment que l’expansion continue de l’AFC/M23 à Masisi pourrait modifier davantage l’équilibre du conflit dans le Nord-Kivu.
Bien que les autorités de Kinshasa continuent d’accuser certains pays de la région de soutenir l’AFC/M23, ces États ont à plusieurs reprises rejeté ces accusations. Par ailleurs, les différentes initiatives de paix organisées dans plusieurs pays, notamment au Qatar et en Angola, continuent de se heurter à de nombreux obstacles en raison de la poursuite des combats entre les parties belligérantes.
Les populations de Masisi ainsi que d’autres zones du Nord-Kivu continuent de fuir massivement, de nombreuses familles ayant abandonné leurs habitations par crainte des affrontements et des bombardements. Les organisations humanitaires alertent sur une aggravation de la crise humanitaire, particulièrement dans les zones contrôlées par l’AFC/M23 ainsi que dans celles touchées par les combats entre les forces en conflit.
Du côté de l’AFC/M23, ses dirigeants continuent d’affirmer que leur objectif est de mettre fin à ce qu’ils qualifient de « mauvaise gouvernance de Kinshasa » et de protéger les populations qu’ils estiment victimes depuis longtemps des groupes armés opérant aux côtés des FARDC. Pendant que les FARDC et leurs alliés tentent de reprendre les zones perdues, l’AFC/M23 semble renforcer davantage sa présence militaire et étendre son contrôle dans plusieurs secteurs de Masisi et du Nord-Kivu en général.






