Le Général Mutayomba des Wazalendo aurait trouvé la mort sur le front de Masisi : ce que l’on sait de son décès
Le territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, demeure l’une des zones les plus touchées par le conflit opposant l’alliance AFC/M23 aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), aux groupes Wazalendo ainsi qu’à d’autres mouvements armés alliés au gouvernement de Kinshasa. Alors que les combats continuent de s’intensifier, des informations faisant état de la mort du Général Mutayomba, l’un des commandants les plus connus des Wazalendo, suscitent de nombreuses réactions.
Des sources locales à Masisi indiquent que de violents affrontements ont de nouveau éclaté sur l’axe Loashi–Burora, une zone considérée comme stratégique sur le plan militaire en raison de son contrôle de plusieurs voies de communication reliant différentes parties du territoire. Selon des habitants, des tirs nourris d’armes légères et lourdes ont été entendus dans la nuit du vendredi au samedi 30 mai 2026, provoquant une vive inquiétude parmi la population et poussant de nombreux civils à fuir leurs habitations.
Certains déplacés se sont réfugiés dans la région de Nyabiondo, tandis que d’autres ont pris la direction de localités qu’ils considéraient comme plus sûres. Les déplacements entre Masisi-Centre et Nyabiondo ont été fortement perturbés, alors que les habitants de Bukombo, Kisima et d’autres localités voisines ont également quitté la zone en grand nombre.
Des informations provenant des environs des combats indiquent que les combattants Wazalendo auraient lancé des attaques contre des positions de l’AFC/M23 à l’aide d’armes légères et lourdes. À la suite de ces offensives, les forces de l’AFC/M23 se seraient rapidement réorganisées avant de mener une contre-attaque, donnant lieu à plusieurs heures de combats intenses.
C’est dans ce contexte que des informations ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux annonçant la mort du Général Mutayomba. Selon ces différentes sources, il aurait été tué à proximité des lignes de front de Loashi et Burora, dans le territoire de Masisi. Toutefois, à ce stade, aucune autorité militaire ou politique n’a officiellement confirmé son décès. Aucun détail précis n’a encore été communiqué concernant les circonstances de sa mort ni l’emplacement de sa dépouille.
Les spéculations autour de son décès se sont intensifiées après une publication de Manzi Willy, vice-gouverneur du Nord-Kivu du côté de l’AFC/M23, sur le réseau social X, affirmant que les informations relatives à la mort de Mutayomba étaient véridiques. Cette déclaration a conduit de nombreuses personnes à considérer ces informations comme crédibles, bien qu’une confirmation officielle des autorités compétentes, notamment des responsables Wazalendo ou du gouvernement de Kinshasa, soit toujours attendue.
Le Général Mutayomba était considéré comme l’un des principaux responsables des groupes Wazalendo opérant dans l’est de la RDC. Au cours des dernières années, son nom est régulièrement apparu dans le cadre d’opérations militaires menées conjointement par les Wazalendo et les FARDC contre plusieurs groupes armés, dont l’AFC/M23, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Bien que les Wazalendo bénéficient du soutien du gouvernement de Kinshasa en tant que force d’appui aux FARDC sur le terrain, leurs activités ont souvent fait l’objet de controverses. Des organisations de défense des droits humains, des populations locales ainsi que différentes parties au conflit accusent depuis longtemps certains combattants Wazalendo d’être impliqués dans des exactions contre les civils, notamment des assassinats, des pillages et des spoliations de biens dans plusieurs régions de l’est de la RDC.
Dans les zones d’Uvira, Baraka, Fizi, Minembwe et d’autres localités du Sud-Kivu, des accusations récurrentes visent certains groupes Wazalendo, soupçonnés d’avoir ciblé des populations civiles, pillé du bétail et confisqué des troupeaux appartenant à des membres de la communauté banyamulenge. Ces derniers affirment depuis plusieurs années que leurs biens et leurs troupeaux ont été saisis ou emportés par des groupes armés opérant dans ces régions avec l’appui du gouvernement de Kinshasa. Selon certaines estimations avancées par cette communauté, le nombre de têtes de bétail perdues dépasserait les cinq cent mille.
Selon plusieurs observateurs, la coopération entre les FARDC et les groupes Wazalendo a permis au gouvernement de Kinshasa de renforcer ses capacités militaires sur le terrain. Cependant, cette collaboration a également suscité des préoccupations concernant le contrôle de ces groupes armés et la protection des populations civiles. Ces questions continuent d’être soulevées par plusieurs organisations internationales, qui appellent au respect du droit international humanitaire et à la protection des civils dans toutes les opérations militaires.
À ce jour, aucun bilan officiel n’a été publié concernant le nombre de morts ou de blessés résultant de ces récents affrontements à Masisi.
Alors que les informations faisant état de la mort du Général Mutayomba continuent de circuler, l’opinion publique attend désormais une communication officielle des Wazalendo, des FARDC ou des autorités provinciales du Nord-Kivu afin de confirmer ou d’infirmer le décès de ce commandant largement connu dans les conflits armés de l’est de la République démocratique du Congo.






