Le général Sultani Makenga réaffirme la poursuite de la lutte pour la « libération de la RDC » et précise sa ligne stratégique
Alors que les crises politique et sécuritaire continuent de s’aggraver en République démocratique du Congo (RDC), le commandant en chef de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), Sultani Makenga, a de nouveau déclaré qu’ils n’ont aucune intention de reculer dans ce qu’ils qualifient de lutte pour « libérer le pays ».
Il s’est exprimé à ce sujet au centre de formation de Kanombe, situé dans le territoire de Rutshuru, le 30 avril 2026, à l’issue de la deuxième phase de formation destinée aux cadres administratifs locaux opérant dans les zones sous leur contrôle.
Dans son discours, le Maj. Gén. Makenga a vivement critiqué les autorités de Kinshasa, les accusant d’avoir détruit le pays à travers la mauvaise gouvernance, la corruption et la discrimination.
Il a déclaré :
« Notre pays a été détruit, ravagé par le gouvernement de Kinshasa et des politiciens qui ont privilégié leurs intérêts personnels, gangrenés par la discrimination, et qui ont anéanti notre nation ; vous avez fui à cause de ces dirigeants de Kinshasa. »
Il a ensuite insisté sur le fait que l’AFC/M23 ne reculera jamais et poursuivra la lutte jusqu’à atteindre ses objectifs :
« Le processus de libération de notre pays ne reculera pas. Nous vous assurons que nous continuerons à avancer jusqu’à atteindre notre objectif. »
Il a également donné des orientations aux responsables formés, leur demandant d’encourager la population à poursuivre les activités économiques et à ne pas céder à la peur liée au conflit :
« Allez dire à la population de rester calme, de cultiver, d’élever du bétail, de commercer et de ne pas s’inquiéter. »
Dans le cadre de leur volonté de transformer la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, Makenga a appelé les Congolais collaborant avec les FDLR à s’en dissocier.
Il a affirmé que les combattants issus des Interahamwe devraient retourner au Rwanda, tandis que les Congolais devraient s’unir pour reconstruire leur pays :
« Que ces Interahamwe retournent chez eux, que les Congolais rentrent et s’unissent pour reconstruire leur pays. Ce sont vos frères, vos enfants, vos compatriotes. »
Il a également indiqué que ceux qui souhaitent rejoindre les forces de ce mouvement recevront une formation, tandis que ceux qui veulent rentrer chez eux seront facilités.
Makenga a par ailleurs estimé que le régime du président Félix Tshisekedi ne serait réceptif qu’à la force, et non au dialogue politique :
« Tshisekedi et ses collaborateurs ne comprennent que le langage de la force. »
Ces propos confirment la ligne de ce mouvement consistant à privilégier la lutte armée comme principal moyen d’obtenir les changements qu’il revendique en RDC.
Le mouvement M23 s’est fait connaître en 2012, affirmant défendre les droits des Congolais rwandophones, en particulier les Tutsi, qui dénoncent des discriminations de la part du pouvoir de Kinshasa.
Après sa défaite en 2013, ses combattants s’étaient réfugiés dans des pays voisins, avant de réapparaître en 2021 dans de violents affrontements dans la province du Nord-Kivu.
Récemment, le M23 s’est allié à une coalition politico-militaire connue sous le nom d’Alliance Fleuve Congo (AFC), visant à fédérer différents groupes opposés au gouvernement de Kinshasa.
L’AFC/M23 affirme poursuivre plusieurs objectifs, notamment :
Réformer la gouvernance de la RDC en faveur de l’intérêt général
Lutter contre la discrimination et les injustices qu’il attribue au pouvoir de Kinshasa
Mettre en place des structures administratives de proximité dans les zones sous son contrôle
Œuvrer pour une sécurité durable dans l’est de la RDC
Cette déclaration du Maj. Gén. Makenga intervient alors que le conflit dans l’est de la RDC continue de s’intensifier, l’AFC/M23 poursuivant son expansion territoriale, tandis que le gouvernement de Kinshasa cherche à y mettre fin par des moyens militaires et diplomatiques.
Ainsi, l’avenir du pays demeure incertain, entre la poursuite des affrontements, les tentatives de dialogue politique et les intérêts des puissances régionales.
Le message du Maj. Gén. Sultani Makenga souligne la détermination de l’AFC/M23 à poursuivre la lutte sans recul, alors que la crise en RDC continue d’exiger des solutions durables, qu’elles soient militaires ou politiques.






