Le Nord-Kivu en état d’alerte face à Ebola : les déplacements entre Goma et Butembo suspendus
Alors que l’épidémie d’Ebola continue de se propager dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), les autorités de la province du Nord-Kivu ont pris une mesure importante en suspendant les transports de passagers entre les villes de Goma et Butembo, afin de limiter la propagation de cette maladie hautement mortelle.
Selon un communiqué du gouvernement provincial du Nord-Kivu publié ce vendredi 22/05/2026, à partir du samedi 23/05/2026, les véhicules de transport de passagers connus sous le nom de « Leo-Leo », les bus ainsi que d’autres moyens de transport assurant la liaison entre Goma et Butembo sont suspendus jusqu’à nouvel ordre.
Les autorités provinciales ont indiqué que cette décision vise à renforcer les mesures de prévention et à réduire les risques de propagation de la souche « Bundibugyo » du virus Ebola, une variante qui suscite de vives inquiétudes au niveau international en raison de l’absence, à ce jour, d’un vaccin ou d’un traitement définitivement homologué.
Bien que le transport de passagers soit suspendu, les autorités ont précisé que les véhicules transportant des marchandises et des denrées alimentaires continueront de circuler. Toutefois, leur équipage sera strictement limité au chauffeur et à son assistant.
Cette décision intervient alors que les chiffres publiés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS/WHO) ainsi que par d’autres institutions sanitaires montrent une aggravation préoccupante de l’épidémie d’Ebola en RDC.
Le rapport publié ce 22/05/2026 indique que 82 cas confirmés d’Ebola ont déjà été enregistrés en RDC, tandis que 7 décès liés à la maladie ont été officiellement confirmés. En outre, près de 750 personnes sont considérées comme suspectes, et 177 autres décès présentant des symptômes compatibles avec Ebola font actuellement l’objet d’investigations.
L’OMS a qualifié cette recrudescence de l’épidémie de « crise sanitaire majeure » à l’intérieur du pays, notamment en raison de la rapidité de propagation du virus et de son arrivée dans des zones urbaines fortement peuplées.
Les spécialistes de la santé soulignent que la principale difficulté liée à cette souche Bundibugyo réside dans l’absence de vaccin fiable ou de traitement spécifique, contrairement à d’autres variantes du virus Ebola. Cette situation pousse les autorités sanitaires à appeler la population au strict respect des mesures de prévention, notamment l’évitement des déplacements non essentiels, le lavage régulier des mains et la consultation immédiate d’un centre de santé en cas de symptômes tels qu’une forte fièvre, des vomissements, des saignements, une grande fatigue ou des douleurs corporelles intenses.
La province de l’Ituri demeure la zone la plus touchée par cette épidémie, particulièrement dans les régions de Bunia, Mongbwalu et Rwampara. Toutefois, des inquiétudes persistent quant au risque de propagation rapide de la maladie au Nord-Kivu en raison des importants mouvements de population entre cette province et d’autres régions.
Les analystes estiment également que l’insécurité persistante, les conflits armés ainsi que le manque d’équipements médicaux compliquent considérablement les opérations de suivi des cas et de mise en quarantaine des personnes contaminées dans l’Est de la RDC.
L’OMS ainsi qu’Africa CDC continuent d’appeler les pays de la région à renforcer leur coopération dans le contrôle des mouvements transfrontaliers et à intensifier les opérations de dépistage aux frontières, en particulier entre la RDC et l’Ouganda, après la détection de plusieurs cas ayant atteint le territoire ougandais.







