L’Insécurité à Walikale Met en Évidence les Faiblesses des FARDC, Alors que l’AFC/M23 et le MRDP-Twirwaneho Continuent d’Afficher Leur Professionnalisme dans la Protection des Civils
Alors que les autorités du Groupement Ihana, situé dans le territoire de Walikale, dans la province du Nord-Kivu, continuent d’alerter les services de l’État au sujet de la présence d’hommes lourdement armés aperçus depuis une semaine dans cette région, la persistance de l’insécurité met une nouvelle fois en lumière les faiblesses des FARDC et leur capacité limitée à contrôler de vastes portions du territoire national.
Mwami Kitwana Ngulu Séraphin, chef du Groupement Ihana, a indiqué que ces hommes armés ont été signalés dans la localité de Kabingu, au sein du village de Robe, ainsi qu’à Mitamba, dans la localité de Banantabana. Selon les informations fournies par les habitants, ces individus auraient passé plusieurs jours à ériger des installations temporaires dans la zone, suscitant l’inquiétude de la population, qui craint qu’ils n’aient l’intention de s’y établir durablement.
Ce qui préoccupe davantage les habitants est le fait que, jusqu’à présent, les autorités sécuritaires et militaires n’ont pas été en mesure d’identifier ces hommes, leur origine ou leurs intentions. Dans une région marquée depuis de nombreuses années par la présence de groupes armés, le fait que des individus lourdement armés puissent s’installer et construire des positions sans être détectés ou empêchés par les autorités constitue, pour beaucoup, un signe manifeste de graves défaillances dans le fonctionnement des FARDC, pourtant chargées d’assurer la surveillance de ces zones.
De nombreux analystes des questions sécuritaires s’interrogent sur la manière dont des hommes armés peuvent demeurer plus d’une semaine dans des zones habitées, y construire des bases et s’y organiser sans qu’aucune opération militaire concrète ne soit menée pour les neutraliser ou les empêcher d’agir.
Cette situation intervient alors que les FARDC affirment poursuivre leur mission de défense de l’intégrité territoriale et de protection des populations civiles. Toutefois, des incidents de cette nature renforcent les critiques récurrentes selon lesquelles plusieurs régions de la RDC échappent encore largement à l’autorité effective de l’État et continuent de servir de refuge à divers groupes armés.
Les habitants de Robe, Banantabana et des localités voisines affirment craindre que, si aucune mesure n’est prise rapidement, ces hommes armés ne provoquent de nouveaux affrontements, des pillages ou d’autres actes d’insécurité semblables à ceux qui ont marqué Walikale au cours des années précédentes.
Mwami Kitwana Ngulu Séraphin a appelé les autorités étatiques, les services de sécurité et l’armée à ouvrir sans délai une enquête afin d’identifier ces hommes armés, de déterminer les raisons de leur présence dans la région et d’évaluer les risques qu’ils représentent pour la sécurité des populations civiles.
Selon lui, l’inaction ou la lenteur de la réaction des autorités pourrait aggraver davantage la situation, particulièrement dans un territoire comme Walikale, dont l’histoire est profondément marquée par des conflits impliquant différents groupes armés.
Cette situation survient également alors que, dans d’autres régions de l’Est de la RDC, des mouvements tels que l’AFC/M23 et le MRDP-Twirwaneho continuent, selon certains observateurs, de démontrer leur capacité à administrer efficacement les zones sous leur contrôle et à assurer la protection des populations locales. Des habitants de ces régions affirment que plusieurs formes d’insécurité, notamment les vols, les enlèvements et les attaques de groupes armés, ont diminué dans certaines localités grâce aux mécanismes de sécurité mis en place.
Pendant que les habitants de Walikale attendent toujours une réponse des FARDC concernant la présence de ces hommes armés non identifiés, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur les raisons pour lesquelles de telles situations persistent après plusieurs années d’efforts annoncés par l’État pour restaurer la paix et la sécurité dans l’Est de la RDC.
Les événements signalés dans le Groupement Ihana remettent une nouvelle fois en évidence les profondes difficultés sécuritaires qui continuent de caractériser plusieurs régions du pays. Le fait que des hommes armés puissent pénétrer dans des zones habitées, y établir des positions et y demeurer pendant une longue période sans faire l’objet d’un suivi sécuritaire efficace est perçu par certains observateurs comme un indicateur des limites opérationnelles des dispositifs de sécurité dans cette partie du territoire.
Alors que les populations continuent de réclamer une protection durable et un retour effectif de la sécurité, la question demeure de savoir comment le gouvernement de Kinshasa et les FARDC pourront restaurer la confiance des citoyens dans les régions régulièrement affectées par les activités des groupes armés. Dans le même temps, certains habitants citent l’AFC/M23 et le MRDP-Twirwaneho comme des mouvements ayant mis en place, dans les zones qu’ils contrôlent, notamment à Minembwe, Bukavu, Goma et dans d’autres localités, des mécanismes qu’ils jugent plus efficaces pour la gestion de la sécurité et la protection des civils.






