L’Opposition Congolaise Lance la Coalition “C64” pour Défendre l’Ordre Constitutionnel et S’opposer au Président Tshisekedi
Alors que la République démocratique du Congo traverse une période particulièrement difficile marquée par des défis sécuritaires, économiques et des tensions politiques croissantes, l’opposition au président Félix Tshisekedi a annoncé une mobilisation commune visant à défendre la Constitution et à empêcher ce qu’elle qualifie de « tentative de confiscation du pouvoir » par le chef de l’État et ses alliés.
Le mardi 19 mai 2026 à Kinshasa, une nouvelle plateforme politique baptisée « Coalition Article 64 pour la Défense de l’Ordre Constitutionnel (C64) » a été officiellement lancée. Cette coalition rassemble plusieurs partis de l’opposition ainsi que certaines organisations de la société civile.
Parmi les principales figures politiques présentes au sein de cette coalition figurent Delly Sesanga, Martin Fayulu, Matata Ponyo, Jean-Marc Kabund et Moïse Katumbi, tous connus pour leur opposition au pouvoir de Félix Tshisekedi et leurs critiques répétées à l’égard de la gouvernance du pays durant ce second mandat présidentiel.
Dans la déclaration lue lors du lancement de la coalition, ces responsables politiques ont affirmé leur opposition catégorique à toute initiative visant à modifier la Constitution dans le but de prolonger le mandat du président Félix Tshisekedi ou de reporter les élections.
Ils ont déclaré :
« Nous annonçons publiquement qu’il n’y aura ni troisième mandat pour Félix Tshisekedi, ni report des élections, et qu’aucune modification de la Constitution ne sera acceptée. »
Ils ont également soutenu qu’à l’expiration de son mandat, le président Tshisekedi devra quitter le pouvoir conformément aux dispositions constitutionnelles, que les élections aient eu lieu ou non.
La coalition a par ailleurs affirmé être prête à s’opposer à ce qu’elle qualifie de « coup d’État constitutionnel », c’est-à-dire toute tentative de modification des lois dans le but de se maintenir au pouvoir en violation des principes démocratiques.
L’appellation « C64 » fait référence à l’article 64 de la Constitution congolaise, qui stipule que tout citoyen congolais a le devoir de s’opposer à toute personne ou groupe de personnes cherchant à prendre ou exercer le pouvoir en violation de la Constitution.
Au cours des dernières années, cet article a régulièrement été invoqué par l’opposition pour dénoncer des dirigeants soupçonnés de vouloir prolonger leur mandat ou d’exercer le pouvoir en dehors du cadre légal.
La remise en avant de cet article traduit la volonté de l’opposition de se restructurer et d’accentuer la pression politique sur le président Tshisekedi, alors que les débats autour de l’avenir des institutions politiques congolaises continuent de s’intensifier.
La situation politique en RDC demeure actuellement très tendue et marquée par une profonde méfiance entre le pouvoir et l’opposition.
Bien que Félix Tshisekedi ait été réélu lors des élections de 2023, ses adversaires continuent d’affirmer que le scrutin a été entaché d’irrégularités et de graves dysfonctionnements organisationnels. Martin Fayulu et Moïse Katumbi, notamment, réclament toujours d’importantes réformes dans la gouvernance du pays ainsi que dans le fonctionnement des institutions électorales.
Parallèlement, le pouvoir de Tshisekedi continue de faire face à une grave crise sécuritaire dans l’est de la RDC, où les affrontements entre les FARDC et la coalition AFC/M23 continuent d’alimenter les tensions et d’exercer une forte pression sur le gouvernement.
À ces défis sécuritaires s’ajoutent la hausse du coût de la vie, le chômage et la pauvreté, autant de problèmes que l’opposition utilise pour dénoncer ce qu’elle considère comme l’échec du pouvoir dans la gestion du pays.
Le président Félix Tshisekedi traverse ainsi une période politiquement délicate, confronté simultanément aux défis sécuritaires, aux pressions internationales et aux divisions internes de la classe politique congolaise.
Même s’il conserve le contrôle des principales institutions étatiques et de l’appareil sécuritaire, ses opposants affichent désormais leur volonté de s’unir afin de retrouver une influence politique majeure sur la scène nationale.
Des analystes politiques estiment que la création de la C64 pourrait marquer le début d’une large coalition de l’opposition susceptible de jouer un rôle déterminant dans les futures batailles politiques menant aux prochaines élections.
Des inquiétudes persistent également quant au risque d’une aggravation des tensions politiques si les débats autour d’une éventuelle révision constitutionnelle ou d’une prolongation des mandats venaient à se poursuivre.
Alors que le pays continue de faire face à plusieurs crises simultanées, la population congolaise ainsi que la communauté internationale observent attentivement la manière dont le pouvoir de Félix Tshisekedi entend répondre aux défis politiques et sécuritaires actuels.
La coalition C64 a clairement affirmé qu’elle n’acceptera aucune tentative de « confiscation illégale du pouvoir », tandis que le gouvernement continue, de son côté, d’affirmer son attachement au respect du processus démocratique.
L’ensemble de ces tensions contribue à accentuer la crispation du climat politique en RDC, à un moment particulièrement sensible pour l’avenir des institutions, de la stabilité du pays et de la sécurité de l’ensemble de la région d’Afrique centrale.






