Masisi : Les FARDC Bombardent des Zones Habitées par des Civils, Faisant Plusieurs Victimes
L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), mouvement opposé au gouvernement de la République démocratique du Congo, a déclaré que les Forces armées de la RDC (FARDC) ont mené une attaque par drones contre des zones habitées de Mushaki, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, provoquant la mort de plusieurs civils et faisant de nombreux blessés.
Selon le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, cette attaque s’est produite dans la soirée de ce vendredi 08/05/2026, aux environs de 22 heures. Des drones, qui auraient été lancés par les FARDC, seraient tombés dans des quartiers résidentiels, semant la panique et causant d’importants dégâts au sein des familles vivant dans cette localité.
Kanyuka a affirmé que les explosions ont touché des zones proches des habitations ainsi que des endroits fortement fréquentés par la population civile. L’AFC/M23 estime que ces opérations démontrent que les FARDC continuent d’exposer les civils au danger dans le cadre des offensives militaires menées à Masisi.
Il a déclaré :
« Il s’agit d’une attaque visant des civils innocents. Les drones ont été lancés dans des zones habitées par des civils ; plusieurs personnes ont été blessées et d’autres ont perdu la vie. »
Après cette attaque, l’AFC/M23 a diffusé des images montrant des blessés pris en charge dans des structures sanitaires de la région. On y voit des femmes, des enfants et des hommes allongés sur des lits d’hôpital, certains souffrant de graves blessures causées par les explosions.
Cette attaque intervient au lendemain d’un autre incident survenu le 07/05/2026 dans la localité de Kalenga, également située dans le territoire de Masisi. L’AFC/M23 avait alors accusé les FARDC d’avoir bombardé des zones civiles, causant la mort de plusieurs habitants et poussant d’autres à fuir leurs domiciles par crainte des combats et des bombardements.
Des informations en provenance de la région indiquent que de nombreux habitants de Mushaki et de Kalenga ont déjà quitté leurs foyers. Certains se dirigent vers d’autres localités de Masisi, tandis que d’autres trouvent refuge dans des camps temporaires, en raison de l’insécurité persistante dans cette partie du Nord-Kivu.
L’AFC/M23 affirme que ces opérations militaires interviennent alors qu’était attendue la mise en œuvre des activités du mécanisme international chargé de surveiller le respect du cessez-le-feu entre les parties au conflit. Ce mécanisme, connu sous le nom d’« EJVM+ », a été mis en place conformément aux accords de trêve signés à Doha, au Qatar, entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 l’année dernière.
Lawrence Kanyuka a déclaré que de telles attaques risquent de compromettre les efforts visant à rétablir la stabilité dans l’est de la RDC. Il a également estimé que la poursuite des bombardements dans des zones habitées pourrait aggraver les violations des droits humains.
Il a ajouté que l’AFC/M23 considère avoir la responsabilité d’assurer la protection des civils et de maintenir la sécurité dans les zones sous son contrôle, accusant par ailleurs les FARDC de chercher à terroriser les populations afin de les pousser à quitter ces territoires.
Jusqu’à présent, le gouvernement de la RDC n’a pas encore réagi officiellement aux accusations portées par l’AFC/M23 concernant cette attaque de drones à Mushaki. Toutefois, les affrontements entre les deux parties continuent de s’intensifier dans plusieurs zones du Nord-Kivu, malgré les discussions et les efforts de médiation internationale destinés à mettre fin à un conflit qui déstabilise depuis de nombreuses années les populations de l’est de la RDC.





