Minembwe : controverse autour des déclarations de Kongolo sur la sécurité en territoire de Mulenge, débat sur les opérations militaires et la fiabilité des informations en provenance de Kinshasa
Dans un article largement relayé sur les réseaux sociaux, le porte-parole des services de sécurité de la Présidence de la République démocratique du Congo, M. Jacques Kongolo, a affirmé que, ce mardi 23/06/2026, des attaques attribuées à des drones et à des aéronefs militaires des FARDC auraient continué de viser les populations des hauts plateaux de Minembwe, causant des pertes en vies humaines et une vive détresse au sein des communautés locales. Cette information est issue d’un message publié par M. Kongolo sur le réseau social X, anciennement Twitter.
Le même message fait également état d’allégations concernant l’utilisation d’avions de transport militaire et de violations de l’espace aérien de la zone, des faits qui contribueraient, selon lui, à exacerber les tensions entre différentes communautés de la région.
Cependant, ces déclarations sont contestées par des sources locales à Minembwe, qui estiment que M. Jacques Kongolo n’en est pas à sa première diffusion d’informations jugées inexactes.
Des habitants rappellent qu’il avait précédemment affirmé que la coalition composée des forces gouvernementales (FARDC), des Forces de défense burundaises, des milices Wazalendo ainsi que du FDLR avait pris le contrôle du centre de Minembwe. Or, des informations ultérieures avaient contredit ces propos, indiquant que le MRDP–Twirwaneho maintient encore son contrôle sur le centre de Minembwe ainsi que sur plusieurs zones stratégiques de la région, après avoir repoussé les forces gouvernementales et leurs alliés.
Ces éléments alimentent le scepticisme d’une partie de la population et des observateurs locaux quant à la fiabilité des communications officielles de ce porte-parole, certains l’accusant de diffuser des informations non vérifiées ou insuffisamment recoupées.
Par ailleurs, des opérations militaires récentes sont signalées dans les zones habitées par les populations banyamulenge, notamment dans les collines de Lundu et d’autres localités du territoire de Minembwe. Ces attaques auraient, selon des sources communautaires, été menées à l’aide de drones.
Les habitants font état de morts et de blessés parmi les civils, bien que le bilan exact demeure encore en cours de vérification.
Ces événements ravivent les débats sur la responsabilité des forces gouvernementales et de leurs partenaires, notamment les FARDC, les forces burundaises, les Wazalendo ainsi que le FDLR, dans la persistance de l’insécurité dans cette région.
Concernant les accusations récurrentes impliquant le Rwanda dans les conflits de l’est de la RDC, aucune preuve formellement établie par des organismes d’enquête indépendants ou des organisations internationales n’a, à ce jour, confirmé une implication directe du Rwanda dans les affrontements survenus dans les hauts plateaux de Mulenge, au Sud-Kivu et au Nord-Kivu.
Le Rwanda a, de son côté, régulièrement rejeté ces accusations et appelle à la mise en place d’enquêtes approfondies, neutres et indépendantes afin d’établir les responsabilités réelles.
Les habitants de Minembwe affirment que la situation sécuritaire continue d’avoir de graves conséquences sur les populations civiles et appellent à la conduite d’enquêtes indépendantes sur l’ensemble des allégations liées aux opérations militaires, aux attaques aériennes et à la diffusion d’informations contradictoires par différentes parties.
Ils estiment que la propagation d’informations non vérifiées risque d’aggraver les tensions intercommunautaires et de compromettre davantage la stabilité dans la région des hauts plateaux de Mulenge.
Minembwe Capital News







