Moïse Katumbi : un discours virulent susceptible de fragiliser le pouvoir du président Félix Tshisekedi
En République démocratique du Congo (RDC), la scène politique connaît une nouvelle montée de tension après une déclaration jugée particulièrement ferme de l’opposant Moïse Katumbi, figure majeure de l’opposition politique congolaise.
Moïse Katumbi a lancé un appel à la mobilisation nationale à travers une opération de « ville morte » prévue pour le 03/06/2026. Il invite les citoyens à suspendre toutes leurs activités et à rester chez eux afin de manifester leur désaccord avec la gouvernance du président Félix Tshisekedi, notamment sur la question sensible du projet de révision de la Constitution.
Dans une intervention diffusée en vidéo, Katumbi a tenu des propos sévères à l’encontre du régime en place, qu’il accuse d’avoir trahi la confiance populaire et d’avoir aggravé la crise sociale et économique du pays.
Il a déclaré :
« Les citoyens vivent dans la pauvreté, sans emploi, sans eau, sans électricité… il est temps de montrer notre désaccord avec cette gouvernance. »
Il a également exhorté la population à rejeter ce qu’il qualifie de « projet de modification de la Constitution », estimant qu’il pourrait permettre au pouvoir en place de se maintenir plus longtemps.
Les objectifs de cet appel selon l’opposition
Cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique politique visant notamment à :
Exprimer le rejet de la gouvernance du président Félix Tshisekedi
Bloquer le projet de révision constitutionnelle dénoncé par l’opposition
Lutter contre ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire
Accroître la pression politique sur le pouvoir en place
Cette initiative s’inscrit dans la ligne des partis et mouvements de l’opposition regroupés au sein de certaines plateformes politiques, qui accusent le pouvoir de chercher à modifier la Constitution pour prolonger son maintien au pouvoir.
Un climat politique de plus en plus tendu en RDC
Le président Félix Tshisekedi fait face à une situation politique délicate marquée par :
Des accusations récurrentes de l’opposition concernant une tentative de modification de la Constitution
Des divergences profondes sur la gouvernance et la gestion socio-économique du pays
Alors qu’une partie des soutiens du pouvoir estime que d’éventuelles réformes constitutionnelles pourraient répondre à des enjeux nationaux, l’opposition y voit une stratégie de consolidation du pouvoir.
Moïse Katumbi, une figure centrale de l’opposition
Moïse Katumbi demeure l’un des acteurs politiques les plus influents de la RDC :
Ancien gouverneur du Katanga
Figure majeure de l’opposition congolaise
Critique régulier du pouvoir en place
Acteur incontournable des dynamiques politiques nationales
Ces dernières années, il s’est souvent allié à d’autres opposants tels que Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et d’autres figures politiques, dans leur opposition aux réformes constitutionnelles envisagées.
Une instabilité politique accentuée par les défis sécuritaires
À l’Est du pays, la situation reste particulièrement préoccupante en raison :
Des conflits armés persistants dans les provinces du Kivu
Des tensions entre les FARDC et divers groupes armés, dont des factions liées à l’AFC/M23
De la présence de mouvements locaux d’autodéfense comme le MRDP-Twirwaneho
Cette double pression — politique interne et insécurité à l’Est — fragilise davantage la stabilité du gouvernement.
Le discours de Moïse Katumbi illustre l’intensification des tensions politiques en RDC. L’appel à la « ville morte » apparaît comme un test majeur de la capacité de mobilisation de l’opposition et un indicateur de la profondeur du malaise politique actuel dans le pays.






