« Où va cet argent ? » : le député Misare soulève la controverse autour des 4 millions de dollars alloués aux Wazalendo
Minembwe Capital News
Le député Claude Misare, représentant le territoire d’Uvira à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC), a demandé au ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants de fournir des explications détaillées sur l’utilisation de plus de 4 millions de dollars américains que l’État congolais consacrerait chaque mois au soutien des combattants Wazalendo opérant aux côtés des forces gouvernementales dans les opérations contre les groupes armés.
Le parlementaire a soulevé cette question dans une lettre adressée au ministre de la Défense le lundi 17 août 2026, demandant au gouvernement de communiquer clairement la destination de ces fonds, les personnes ou structures chargées de leur gestion, ainsi que les modalités selon lesquelles ils sont distribués aux combattants engagés sur le terrain.
Dans sa correspondance, Claude Misare a exprimé ses préoccupations face au décalage apparent entre les montants qui seraient alloués par l’État aux Wazalendo et les conditions de vie de ces combattants sur le terrain.
Il a notamment déclaré : « Les Wazalendo vivent dans la pauvreté et se sacrifient pour défendre le pays. »
Selon le député, le fait que d’importantes sommes d’argent seraient débloquées chaque mois alors que certains combattants continuent de vivre dans des conditions précaires soulève des interrogations sur la gestion de ces fonds et sur leur arrivée effective auprès des bénéficiaires.
C’est dans ce contexte qu’il demande au ministre de la Défense de fournir des précisions concernant les montants effectivement débloqués, les mécanismes par lesquels ces fonds sont transmis aux combattants présents sur le terrain, les personnes ou structures chargées de leur gestion, ainsi que les différentes dépenses auxquelles ces ressources ont été affectées.
Des interrogations sur la gestion des fonds publics
La question des financements destinés aux groupes Wazalendo remet une nouvelle fois au centre du débat la gestion des ressources publiques et la transparence dans leur utilisation, alors que la RDC continue de mobiliser d’importants moyens financiers pour ses opérations de sécurité.
Les Wazalendo regroupent plusieurs groupes de combattants qui soutiennent les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans leur lutte contre la coalition de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), le M23 et le MRDP-Twirwaneho dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Bien que le gouvernement les considère comme des partenaires dans les opérations de défense du territoire national, les modalités de leur encadrement, de leur financement et de leur contrôle continuent de susciter des interrogations.
Cette situation intervient également alors que certains combattants Wazalendo sont accusés d’avoir installé des barrières sur les axes routiers et de percevoir de l’argent auprès des populations dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Ces pratiques suscitent des inquiétudes parmi les habitants et les commerçants, notamment ceux qui se déplacent entre différentes localités. La multiplication des barrières et des sommes exigées sur les routes peut contribuer à augmenter les coûts du transport et des marchandises, tout en perturbant la circulation des personnes et des biens.
Les autorités du Sud-Kivu mises en place par le gouvernement ont condamné l’installation de barrières et la perception de taxes illégales par des groupes armés, soulignant que de telles pratiques peuvent perturber les activités commerciales et affecter les conditions de vie de la population.
Qui gère les fonds destinés aux Wazalendo ?
La question du financement des Wazalendo ravive également le débat sur le rôle de ces combattants dans le dispositif sécuritaire de la RDC.
D’un côté, le gouvernement considère les Wazalendo comme des citoyens ayant pris les armes pour contribuer à la défense du pays contre les groupes qu’il considère comme une menace pour la sécurité nationale. De l’autre, les critiques visant les agissements de certains de leurs éléments, notamment concernant les taxes illégales, les barrières routières et d’autres pratiques affectant les populations civiles, soulèvent des questions sur les mécanismes de contrôle auxquels ils sont soumis.
Le député Claude Misare demande ainsi que la question des financements soit mise en rapport avec des éléments concrets : si l’État débloque effectivement plus de 4 millions de dollars par mois, qui reçoit ces fonds, à qui sont-ils ensuite remis et à quelles fins sont-ils utilisés ?
À ce jour, le ministre de la Défense ou les autorités gouvernementales n’ont pas encore rendu publiques des explications détaillées concernant les interrogations soulevées par le parlementaire.
La gestion de ces fonds pourrait continuer à alimenter les débats au sein de l’Assemblée nationale et dans l’opinion publique, particulièrement à un moment où les populations des zones touchées par les conflits continuent de subir les conséquences de l’insécurité, de la pauvreté et de la hausse des prix des biens de première nécessité.
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