Rwanda–RDC : L’ambassadrice Urujeni accuse Kinshasa de poursuivre sa coopération avec les FDLR et les Wazalendo et appelle à traiter le problème à la racine
Minembwe Capital News (MCN)
La représentante du Rwanda auprès des Nations unies et des autres organisations internationales basées à Genève, en Suisse, l’ambassadrice Urujeni Bakuramutsa, a déclaré que la République démocratique du Congo (RDC) continuait de coopérer avec et de soutenir des groupes armés, notamment les FDLR et les Wazalendo. Selon elle, ces pratiques constituent l’un des principaux obstacles à l’instauration d’une paix durable dans l’est de la RDC.
L’ambassadrice Urujeni s’est exprimée à ce sujet hier, le 08/09/2026, lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève, où elle a présenté la position du Rwanda sur l’insécurité qui sévit depuis plusieurs années dans l’est de la RDC.
Dans son intervention, l’ambassadrice Urujeni a estimé que la question de la sécurité dans l’est du Congo ne devait pas être analysée uniquement à travers les combats qui se déroulent sur le terrain, mais qu’il fallait également s’attaquer aux causes profondes des conflits, notamment la gouvernance, les droits humains, les discours de haine ainsi que la collaboration entre les institutions de l’État et les groupes armés.
Le Rwanda accuse Kinshasa de poursuivre sa coopération avec les FDLR et les Wazalendo
L’ambassadrice Urujeni a déclaré que les autorités de Kinshasa continuaient de tenir des discours de haine et de collaborer avec des groupes armés, en particulier les FDLR et les Wazalendo.
Elle a déclaré :
« Les autorités de Kinshasa ont continué à tenir des discours de haine et à soutenir les groupes rebelles des Wazalendo et des FDLR, en leur fournissant des armes, alors même que l’ONU leur a imposé des sanctions. »
Cette position du Rwanda intervient alors que la question des groupes armés demeure l’un des principaux sujets des discussions visant à rechercher une paix durable dans la région des Grands Lacs.
Le Rwanda affirme depuis longtemps que les FDLR continuent de représenter une menace sécuritaire à ses frontières, tandis que Kinshasa accuse régulièrement Kigali de soutenir le mouvement AFC/M23, qui combat le gouvernement de la RDC. Le Rwanda rejette ces accusations.
Kigali appelle à traiter le problème à la racine
L’ambassadrice Urujeni a déclaré qu’une paix durable ne pouvait être obtenue par le seul arrêt des combats, mais qu’il était nécessaire de s’attaquer aux causes profondes des conflits.
Elle a souligné que cela impliquait notamment la lutte contre la pauvreté, la prévention de l’exclusion de certaines populations, l’amélioration du fonctionnement des institutions de l’État, le respect des droits humains, la promotion de la réconciliation, l’obligation de rendre des comptes et la mise en avant du développement.
Elle a déclaré :
« Parvenir à une paix durable exige de traiter le problème à la racine, notamment la pauvreté, l’exclusion, les institutions dysfonctionnelles, le déni et le mépris des droits humains, la réconciliation, la responsabilité et la promotion du développement. »
Elle a poursuivi :
« La paix exige que les responsabilités soient établies et que des efforts soutenus soient déployés pour s’attaquer aux causes profondes du problème. »
Les accords de paix entre Kigali et Kinshasa
Le Rwanda et la RDC ont récemment conclu des accords visant à contribuer au rétablissement de la paix et de la sécurité dans l’est du Congo.
Ces accords comprennent notamment des dispositions relatives à l’éradication des FDLR, à la levée des mesures défensives que le Rwanda affirme avoir mises en place pour se protéger contre les menaces provenant de la RDC, à la coopération économique ainsi qu’aux questions politiques.
Ils prévoient également un soutien au dialogue entre la RDC et l’AFC/M23, ainsi que des mesures visant à faciliter le retour des réfugiés.
Le Rwanda affirme que la mise en œuvre de ces dispositions est essentielle pour permettre au processus de paix de produire des résultats durables.
Kigali estime que Kinshasa devrait privilégier la mise en œuvre des accords
Le Rwanda affirme qu’au lieu de se concentrer sur la mise en œuvre des engagements convenus, la RDC poursuit ses accusations contre le Rwanda, l’accusant notamment d’ingérence et appelant à l’adoption de sanctions internationales contre Kigali.
De son côté, Kinshasa continue de rejeter les accusations formulées par Kigali, tout en accusant le Rwanda de jouer un rôle dans l’instabilité sécuritaire dans l’est du Congo, notamment à travers son soutien à l’AFC/M23.
Ces accusations réciproques demeurent parmi les principaux points de divergence entre les deux parties et continuent d’avoir des répercussions sur les pourparlers de paix visant à trouver une solution à une crise qui affecte depuis plusieurs années les populations de l’est de la RDC.
La question sécuritaire nécessite toujours une solution politique
Du point de vue du Rwanda, le message délivré à Genève est qu’une solution durable aux problèmes sécuritaires dans l’est de la RDC ne peut être obtenue uniquement par des moyens militaires.
Kigali appelle à s’attaquer aux problèmes de gouvernance, aux droits humains, à l’exclusion, aux discours de haine, aux groupes armés ainsi qu’aux causes liées à la pauvreté et aux inégalités, qui continuent d’alimenter les conflits à différentes périodes.
Alors que les efforts diplomatiques se poursuivent pour trouver les moyens de mettre en œuvre les accords de paix, la question centrale demeure de savoir si Kigali et Kinshasa pourront dépasser les accusations réciproques et les appels à des sanctions, afin de se concentrer plutôt sur les dispositions des accords qu’elles se sont engagées à mettre en œuvre.
Pour le Rwanda, comme l’a souligné l’ambassadrice Urujeni à Genève, une paix durable dans l’est de la RDC ne pourra être atteinte que si les causes profondes des conflits sont résolues, plutôt que de s’attaquer uniquement aux manifestations du problème.







