Tshisekedi et Ndayishimiye Réaffirment leur Coopération Militaire dans l’Est de la RDC ; les Combats à Minembwe et la Question des FDLR Restent au Centre des Préoccupations
Alors que les dirigeants de la République démocratique du Congo (RDC) et du Burundi continuent de mettre en avant les bonnes relations, la coopération et le développement entre leurs deux pays, plusieurs observateurs estiment que les relations entre le président Félix Antoine Tshisekedi et le président Évariste Ndayishimiye reposent principalement sur la coopération militaire et sécuritaire, en particulier dans le contexte des conflits qui persistent dans l’Est de la RDC.
Depuis la détérioration des relations entre Kigali et Kinshasa en 2022, les présidents Évariste Ndayishimiye et Félix Tshisekedi ont multiplié les rencontres et les consultations axées sur les questions de sécurité. Au cours des dernières années, le président Ndayishimiye s’est rendu à huit reprises en RDC, tandis que le président Tshisekedi a effectué cinq visites officielles au Burundi.
Les analystes de la politique régionale considèrent que cette série de rencontres et de déplacements témoigne de la volonté des deux parties de renforcer leur coopération militaire dans la lutte contre les groupes armés actifs dans l’Est de la RDC, notamment l’AFC/M23 ainsi que le MRDP-Twirwaneho, présent principalement dans les hauts plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu.
La visite du président Évariste Ndayishimiye à Kinshasa, le 22 juin 2026, est intervenue alors que les affrontements s’intensifiaient dans la région de Minembwe et ses environs.
Selon diverses sources, les échanges entre les deux chefs d’État ont porté principalement sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, la coopération militaire entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée burundaise, ainsi que les stratégies visant à poursuivre les opérations contre l’AFC/M23 et le MRDP-Twirwaneho.
Les deux dirigeants ont réaffirmé que la coopération militaire entre Kinshasa et Gitega devait se poursuivre afin de permettre aux deux pays de faire face à ce qu’ils considèrent comme des groupes menaçant la souveraineté de la RDC et la stabilité de la région.
Cependant, malgré cette volonté affichée de poursuivre leur collaboration, plusieurs questions continuent de susciter des débats, tant à l’intérieur de la RDC qu’au niveau international.
Alors que Kinshasa et Gitega affirment que les opérations militaires visent à restaurer la sécurité, des informations en provenance des hauts plateaux de Minembwe indiquent que les combats continuent de s’intensifier dans les zones habitées par les Banyamulenge.
Entre le 6 et le 19 juin 2026, d’importants affrontements ont été signalés entre les FARDC, appuyées par les forces burundaises et des groupes alliés d’une part, et le MRDP-Twirwaneho d’autre part.
Des informations provenant des zones de combat font état de l’utilisation d’armes lourdes, de drones ainsi que de frappes aériennes. Bien que les autorités de Kinshasa aient annoncé à plusieurs reprises avoir pris le contrôle de Minembwe, le MRDP-Twirwaneho affirme pour sa part conserver le contrôle et l’administration de plusieurs positions stratégiques de la région.
Ces affrontements continuent de susciter de vives inquiétudes parmi les populations vivant dans les localités majoritairement habitées par les Banyamulenge. Plusieurs sources évoquent des déplacements de population, des mouvements de fuite ainsi que de lourdes conséquences humanitaires liées à ce conflit prolongé.
L’une des questions qui demeure particulièrement controversée concerne les accusations selon lesquelles des combattants des FDLR participeraient aux opérations militaires menées dans l’Est de la RDC. Le Rwanda accuse ce mouvement, qu’il considère comme composé en partie de personnes impliquées dans le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 ainsi que de leurs affiliés, de continuer à représenter une menace sécuritaire.
Depuis plusieurs années, Kigali soutient que la présence persistante des FDLR en RDC et leur coopération présumée avec les forces gouvernementales congolaises ainsi qu’avec certains de leurs partenaires constituent un défi majeur pour sa sécurité nationale et pour la stabilité durable de la région.
Cette question continue de diviser les pays de la région, Kinshasa et ses alliés rejetant régulièrement certaines accusations relatives au rôle attribué aux FDLR dans les opérations militaires menées au Sud-Kivu.
Dans une interview accordée au magazine Jeune Afrique en mai 2026, le président Évariste Ndayishimiye a déclaré que les forces burundaises avaient été déployées en RDC à la demande du gouvernement congolais afin d’appuyer les FARDC dans la lutte contre les groupes armés.
Il a précisé que ces troupes opèrent sous le commandement des FARDC et que leur retrait du territoire congolais dépendra exclusivement de la décision du gouvernement de la RDC.
Ces déclarations ont confirmé la poursuite du soutien de Gitega aux initiatives sécuritaires de Kinshasa ainsi que le maintien de la coopération militaire entre les deux pays.
Selon plusieurs observateurs, même si les dirigeants congolais et burundais mettent régulièrement en avant les questions économiques, commerciales et de développement, les domaines dans lesquels la coopération entre Kinshasa et Gitega est aujourd’hui la plus visible demeurent ceux de la sécurité et de la défense.
Ils estiment que le principal facteur de rapprochement entre Félix Tshisekedi et Évariste Ndayishimiye réside dans leurs intérêts communs face aux groupes armés opposés au pouvoir de Kinshasa ainsi qu’aux défis sécuritaires persistants dans l’Est de la RDC.
Toutefois, comme le soulignent plusieurs experts, l’instauration d’une paix durable dans la région restera difficile tant qu’une solution politique consensuelle n’aura pas été trouvée aux questions liées aux FDLR, aux activités des groupes armés et aux tensions persistantes observées à Minembwe et dans d’autres parties du Sud-Kivu.
Minembwe Capital News






