À Kinshasa, un responsable politique appelle à des mesures urgentes pour restaurer la paix et la sécurité durable en RDC
Dans un contexte marqué par de graves défis sécuritaires, des divisions politiques persistantes et une économie qui peine à répondre aux besoins de la population, le président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), Joseph Olenghankoy, a exprimé de vives inquiétudes quant à la trajectoire actuelle de la République démocratique du Congo, qu’il estime potentiellement porteuse de tensions susceptibles de menacer l’unité nationale.
Dans un message adressé aux Congolais depuis Kinshasa le 19/05/2026, Joseph Olenghankoy a dénoncé la montée des discours de haine, des menaces et des propos incitant à la violence ou à des conflits à caractère ethnique et politique. Il a également alerté sur la prolifération, sur les réseaux sociaux, de contenus et d’images susceptibles d’attiser des affrontements entre Congolais, estimant que cela constitue une menace sérieuse pour la cohésion nationale et la stabilité du pays.
Le responsable politique a souligné que la RDC traverse une période particulièrement critique, aggravée par la persistance du conflit dans l’Est du pays, où la coalition AFC/M23 continue d’affronter les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et leurs alliés. Il a également rappelé que la question des violences liées à la milice Mobondo continue de perturber la sécurité aux environs de Kinshasa, tandis que des poches d’insécurité persistent dans la région du Grand Katanga, sans oublier la criminalité urbaine à Kinshasa, notamment les activités des gangs dits « Kuluna ».
Joseph Olenghankoy a également estimé que l’un des facteurs aggravant la crise politique en RDC réside dans les débats autour de la révision de la Constitution. Selon lui, ces discussions politiques dominent l’agenda national au point de détourner l’attention des autorités des priorités essentielles du pays.
Il a déclaré : « De tels débats, alors que le pays est confronté à la guerre et à de multiples crises, risquent d’accentuer les divisions au sein de la population plutôt que de contribuer à la construction nationale. » Il a rappelé que la RDC a avant tout besoin de renforcer l’unité nationale et de privilégier la sécurité plutôt que les intérêts politiques à court terme.
Le président du CNSA a appelé le chef de l’État, Félix Tshisekedi, à utiliser pleinement les pouvoirs que lui confère la Constitution, notamment l’article 69, afin d’éviter une détérioration grave de la situation nationale. Le CNSA insiste sur la nécessité de mesures urgentes pour éteindre « l’incendie latent » avant qu’il ne devienne incontrôlable.
Parmi les principales recommandations formulées par le CNSA figurent notamment :
- La suspension de tout débat susceptible d’alimenter les divisions nationales ;
- L’ouverture d’enquêtes et la poursuite des auteurs de discours de haine et d’incitations à la violence ;
- Le renforcement de l’unité nationale ;
- Le lancement de consultations politiques inclusives réunissant toutes les parties prenantes ;
- La facilitation du retour sécurisé des responsables politiques en exil ;
- La révision des dossiers des personnes détenues pour des raisons politiques ;
- La réduction des tensions entre le pouvoir et l’opposition.
Le CNSA a également critiqué certains services de sécurité et de justice, estimant que la population perçoit de plus en plus ces institutions comme inefficaces ou partiales face aux actes de violence commis par certains groupes armés ou acteurs politiques.
Bien que la RDC soit l’un des pays les plus riches au monde en ressources naturelles — notamment l’or, le coltan, le cobalt, le diamant, le lithium et d’autres minerais stratégiques — une grande partie de la population continue de vivre dans une pauvreté extrême.
Des analystes politiques estiment que le principal problème ne réside pas dans l’absence de ressources, mais plutôt dans la gouvernance, la corruption, les divisions politiques et l’insécurité persistante dans l’Est du pays.
Pour que la RDC puisse retrouver stabilité et prospérité, plusieurs priorités majeures sont mises en avant :
1. L’unité nationale
Les Congolais sont appelés à privilégier l’intérêt national plutôt que les clivages ethniques ou politiques. Les discours de haine et les divisions restent des facteurs majeurs d’instabilité.
2. La lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance
La RDC perd chaque année des milliards de dollars à cause de la corruption et de la mauvaise gestion des ressources publiques. Sans une justice indépendante et des institutions fortes, le développement économique restera limité.
3. Le renforcement de la sécurité nationale
Les conflits persistants dans l’Est du pays continuent de freiner le développement. L’État doit disposer d’une armée forte, disciplinée et efficace, capable de protéger le territoire national sans dépendre excessivement des groupes armés ou de partenaires extérieurs.
4. Le développement industriel et économique
Malgré l’abondance de ressources naturelles, la RDC exporte encore la majorité de ses minerais à l’état brut. La mise en place d’industries de transformation permettrait de créer des emplois pour les jeunes et de stimuler la croissance économique.
Actuellement, la situation politique à Kinshasa reste tendue, marquée par une forte méfiance entre le pouvoir et l’opposition, une détérioration continue de la sécurité et une pression sociale croissante liée aux conditions de vie difficiles.
Le message de Joseph Olenghankoy traduit ainsi la crainte d’une aggravation de la crise si des mesures urgentes de stabilisation et de réconciliation nationale ne sont pas mises en œuvre.
À l’approche du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la RDC, de nombreuses interrogations persistent quant à la capacité des dirigeants à placer l’intérêt national au-dessus des rivalités politiques, alors que la population continue de réclamer paix, sécurité et développement durable.






