Ituri : Plus de 879 Personnes Tuées Depuis le Début de l’Année 2026, le Gouvernement de Kinshasa Accusé de Continuer à Échouer dans la Protection des Civils dans l’Est de la RDC
Alors que l’est de la République démocratique du Congo continue d’être le théâtre de guerres, de massacres et d’une insécurité persistante, la province de l’Ituri est une nouvelle fois pointée du doigt comme l’une des régions où les populations civiles continuent de subir de violentes attaques menées par des groupes armés, tandis que le gouvernement de Kinshasa et ses forces armées sont vivement critiqués pour leur incapacité à mettre fin à ces violences et à protéger les civils.
Lors d’une séance tenue au Parlement de la RDC, le député Gratien Iracan a déclaré que, depuis le mois de janvier 2026 jusqu’à aujourd’hui, au moins 879 personnes ont déjà été tuées dans la seule province de l’Ituri. Il a précisé qu’entre le 18 janvier et le 11 mai 2026, 179 civils ont été assassinés, dont 70 au cours d’une seule journée, le 28 avril 2026.
Le député représentant de Bunia a affirmé que les habitants de l’Ituri vivent dans une « situation extrêmement grave sur le plan sécuritaire et humanitaire », marquée par des massacres, des pillages et des assassinats de civils perpétrés par des groupes armés, notamment les ADF, dont certains combattants seraient même déjà présents dans certaines zones urbaines.
Il a souligné que cette situation met en évidence de graves failles au niveau du renseignement et du fonctionnement des institutions de l’État congolais, en particulier des FARDC, régulièrement accusées d’être incapables de prévenir ces attaques ou de garantir la sécurité des populations.
Gratien Iracan a également dénoncé le fait que plusieurs députés ainsi que des responsables locaux de l’Ituri continuent d’être menacés par des hommes armés, alors que le gouvernement congolais n’aurait pris aucune mesure ferme ni manifesté une réelle volonté de poursuivre les auteurs de ces actes.
Dans son intervention devant les parlementaires, Iracan a rappelé que l’Assemblée nationale avait pourtant adopté une résolution visant à mettre en place une commission spéciale chargée d’enquêter sur les massacres de civils en Ituri, mais qu’aucun résultat concret n’a, jusqu’à présent, été rendu public.
Il a aussi demandé au ministre congolais de la Justice d’organiser des consultations avec les déplacés vivant dans les camps ainsi qu’avec les chefs communautaires et coutumiers de l’Ituri, afin de mener des enquêtes approfondies sur les crimes commis dans cette région et d’identifier les responsables.
« Le silence face à ces atrocités dépasse l’entendement. L’État doit agir rapidement pour protéger la population », a-t-il déclaré.
Ces déclarations interviennent alors que de nombreux habitants de l’est de la RDC continuent de critiquer les autorités de Kinshasa et les FARDC, accusées d’avoir échoué à restaurer durablement la paix et la sécurité dans plusieurs zones touchées par les conflits.
Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, plusieurs habitants affirment que les zones contrôlées par l’AFC/M23 connaissent davantage de stabilité et de sécurité que celles administrées par le gouvernement de Kinshasa. Dans plusieurs localités passées sous contrôle de l’AFC/M23, des habitants rapportent une diminution des pillages, des assassinats et des affrontements armés, ainsi qu’une reprise progressive des activités commerciales et de la circulation des personnes.
Cette situation contraste fortement avec certaines zones restées sous le contrôle des FARDC et de leurs groupes alliés, où des accusations récurrentes de massacres, de corruption, de pillages et d’exactions contre les civils continuent d’être signalées, alimentant davantage la perte de confiance de la population envers les autorités de Kinshasa.
Plusieurs analystes estiment que l’insécurité persistante dans l’est de la RDC est principalement liée à la faiblesse de l’État, à la mauvaise gouvernance, à la corruption au sein de l’armée, ainsi qu’aux liens présumés entre certains groupes armés et certains responsables politiques ou militaires.
Alors que les populations de l’Ituri, de Beni, de Rutshuru, de Masisi et d’autres territoires continuent de réclamer une paix durable et une véritable sécurité, une question demeure : à quel moment le gouvernement de Kinshasa sera-t-il capable de restaurer la confiance des citoyens et de leur garantir une protection effective, après de longues années marquées par les conflits et les violences incessantes ?






