Les Villages Banyamulenge Attaqués, des Habitants en Fuite Alors que Kinshasa Est Accusé de Diffuser de la Désinformation
Dans la matinée de ce mercredi 13 mai 2026, des villages habités par des Banyamulenge situés dans les localités de Kalingi, Bidegu et Gakenge, dans le territoire de Fizi au Sud-Kivu, ont été la cible de violentes attaques qui auraient été menées par une coalition regroupant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), l’armée burundaise, les groupes Wazalendo ainsi que les combattants des FDLR.
Selon des informations en provenance de ces zones, les habitants ont été réveillés par des tirs nourris et des attaques visant des villages civils, provoquant une grande panique au sein de la population. De nombreux habitants ont alors fui leurs domiciles pour se réfugier dans les montagnes et les zones jugées plus sûres afin d’échapper aux violences.
Des habitants de la région affirment que ces attaques ont été planifiées et qu’elles visaient à déstabiliser les populations banyamulenge, lesquelles dénoncent depuis longtemps des attaques répétées menées par des groupes armés opérant en étroite collaboration avec les forces de Kinshasa.
Ces événements surviennent alors que les autorités de Kinshasa ont rapidement diffusé une version différente de celle rapportée par les habitants et d’autres sources présentes sur le terrain. Le conseiller spécial du président Félix Tshisekedi en matière de sécurité, Jacques Kongolo, a écrit sur le réseau social X, anciennement Twitter, que ce sont les FARDC qui auraient subi une attaque. Toutefois, des informations jugées crédibles par les habitants et des témoins proches des lieux des affrontements indiquent plutôt qu’il s’agit d’une offensive lancée par la coalition FARDC et ses alliés contre des villages banyamulenge.
À ce stade, de nombreux habitants ont déjà pris la fuite. Certains déclarent n’avoir pas eu le temps d’emporter leurs biens en raison du caractère soudain des attaques. De sérieuses inquiétudes émergent quant à une possible crise humanitaire et alimentaire alors que les déplacements de populations continuent de s’intensifier.
Des observateurs estiment que ces attaques illustrent une nouvelle fois les faiblesses du gouvernement de Kinshasa dans la gestion de la sécurité à l’est de la RDC, ainsi que son incapacité persistante à protéger les populations civiles. Cette situation contribue également à renforcer le sentiment de méfiance d’une partie de la population envers les FARDC. Certains habitants affirment souhaiter l’intégration des mouvements Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) et MRDP-Twirwaneho au sein de l’armée nationale, estimant que les zones sous leur contrôle bénéficient davantage de sécurité et de stabilité.
Cette perception continue de se répandre, particulièrement dans les régions touchées par les conflits, où des habitants accusent les forces gouvernementales et les groupes armés qui leur sont alliés de commettre des exactions contre les civils, notamment des assassinats, des pillages et diverses formes de violences.
Ces derniers jours, des organisations de la société civile des villes de Baraka et Uvira ont également réclamé le retrait des FARDC de certaines zones, accusant certains militaires d’être impliqués dans des actes d’insécurité, des violences contre les civils, des pillages et des abus.
Une autre source majeure d’inquiétude pour les populations banyamulenge concerne la décision attribuée aux FARDC et à l’armée burundaise d’interdire aux habitants provenant de Bibogobogo, Minembwe et Ndondo d’accéder aux marchés d’Uvira et de Baraka. Selon les habitants, cette mesure met gravement leur survie en danger, ces marchés constituant leurs principales sources d’approvisionnement en nourriture, médicaments et autres produits essentiels.
Cette restriction d’accès aux marchés a aggravé la crise alimentaire dans plusieurs localités de Minembwe et des environs, tandis que les centres de santé et hôpitaux de ces zones font face à une grave pénurie de médicaments. Des habitants rapportent que de nombreux malades sont désormais privés de soins en raison du manque d’approvisionnement médical.
Alors que les affrontements et les attaques continuent de s’intensifier au Sud-Kivu, les inquiétudes demeurent vives quant à la détérioration de la situation humanitaire, en particulier pour les civils pris au piège entre les différentes parties au conflit. Les habitants ainsi que les organisations de défense des droits humains continuent d’exiger l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violences visant les civils et appellent la communauté internationale à accentuer la pression sur les autorités de Kinshasa afin qu’elles garantissent la protection de toutes les populations sans discrimination.






