Le Rapport de Human Rights Watch Met en Cause le Gouvernement de Kinshasa et Dénonce une Répression Croissante contre l’Opposition, les Journalistes et les Civils
L’organisation internationale de défense des droits humains, Human Rights Watch (HRW), a exprimé de vives inquiétudes concernant les violations persistantes des droits fondamentaux visant les opposants politiques, les journalistes, les militants de la société civile ainsi que les citoyens ordinaires en République démocratique du Congo (RDC), alors que le pays traverse une grave crise politique et sécuritaire.
Dans un rapport publié ce mardi 12/05/2026, Human Rights Watch affirme qu’en RDC, on observe une augmentation préoccupante des arrestations arbitraires, des actes d’intimidation, du harcèlement et des détentions prolongées visant les personnes qui expriment des opinions critiques à l’égard du pouvoir de Kinshasa.
L’organisation indique que ces pratiques surviennent dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires, notamment dans l’est du Congo où les affrontements se poursuivent entre l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) et les Forces armées de la RDC (FARDC), mais également au moment où de vifs débats entourent un projet susceptible de modifier la Constitution afin de permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.
Le rapport de HRW souligne que les figures de l’opposition congolaise continuent d’être soumises à de fortes pressions à travers des arrestations, une surveillance par les services de renseignement et des restrictions limitant leurs activités politiques.
L’organisation affirme que plusieurs responsables de partis d’opposition ainsi que des militants engagés dans des mouvements de contestation ont été arrêtés de manière irrégulière, tandis que d’autres ont été maintenus en détention pendant de longues périodes sans charges solides retenues contre eux.
Human Rights Watch estime que ces agissements visent à instaurer un climat de peur parmi les opposants politiques et à réduire au silence les voix critiques envers la gouvernance du président Tshisekedi, une situation qui suscite de profondes inquiétudes quant à l’avenir de la démocratie en RDC.
Le rapport indique également que les journalistes figurent parmi les principales victimes de cette répression, en particulier ceux qui publient des enquêtes mettant en lumière les dysfonctionnements de l’État ou critiquant les autorités.
Parmi les cas cités par Human Rights Watch figure celui de Jordan Saidi Atibu, coordinateur d’une organisation de suivi des actions du gouvernement et du Parlement à Kisangani, qui aurait été détenu pendant quarante jours.
Le rapport mentionne également Serge Sindani, directeur du média Kis24.info, qui aurait été emprisonné durant dix jours sans qu’aucune accusation formelle ne soit portée contre lui.
Selon le document, plusieurs journalistes et militants de la société civile hésitent désormais à exprimer publiquement leurs opinions, par crainte d’être arrêtés ou victimes de violences de la part des services de sécurité.
Au-delà des opposants politiques et des professionnels des médias, Human Rights Watch affirme que les citoyens ordinaires continuent eux aussi d’être confrontés à des violences et à des abus, notamment ceux qui participent à des manifestations ou réclament des réformes politiques.
Le rapport indique que de nombreux civils ont été arrêtés lors de manifestations pacifiques, certains étant détenus dans des lieux inconnus ou privés pendant plusieurs semaines de leur droit à un procès équitable.
Dans certaines régions du pays, des habitants affirment craindre de dénoncer leurs difficultés ou de critiquer les autorités, de peur d’être considérés comme des ennemis du régime.
Des analystes estiment que cette réduction progressive de la liberté d’expression risque d’aggraver les tensions politiques et d’accroître la méfiance entre le pouvoir et la population.
Philippe Bolopion, l’un des responsables de Human Rights Watch, a appelé les autorités congolaises à mettre fin aux atteintes contre la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement.
Il a déclaré : « Les dirigeants congolais doivent cesser d’entraver la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement, tout en respectant les droits fondamentaux garantis par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par la RDC. »
L’organisation estime que si aucune mesure n’est prise, la RDC pourrait continuer à s’enfoncer dans une période de recul démocratique, alors que les opposants politiques et une partie de la population dénoncent un rétrécissement progressif de l’espace politique.
Le rapport de Human Rights Watch pourrait raviver d’importants débats tant au niveau national qu’international, notamment sur les questions de gouvernance, de libertés politiques et de respect des droits humains dans un pays qui demeure confronté à de multiples crises sécuritaires et institutionnelles.




