Les Examens d’État Ont Débuté en RDC, Alors que la Guerre au Sud-Kivu Continue de Menacer l’Éducation des Enfants Banyamulenge
Ce lundi 22 juin 2026, les élèves finalistes du secondaire de la République démocratique du Congo ont commencé les épreuves de l’Examen d’État sur l’ensemble du territoire national. Ces examens sont également organisés dans plusieurs centres établis à l’étranger afin de permettre aux élèves se trouvant hors des frontières du pays de participer à ces épreuves finales ouvrant l’accès aux universités et aux instituts supérieurs.
Selon le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), 1.079.675 candidats sont inscrits à l’épreuve de dissertation pour l’édition 2026. Parmi eux figurent 482.557 filles, soit 44,7 %, et 597.118 garçons, soit 55,3 %. Ces candidats composent dans plus de 3.000 centres répartis à travers le pays ainsi qu’à l’étranger.
La ministre de l’Éducation, Raïssa Malu, a exhorté tous les candidats à aborder ces examens avec sérénité, confiance et dans le respect des principes d’intégrité. Elle a souligné que la République démocratique du Congo a besoin d’une jeunesse porteuse de valeurs, attachée à son pays et prête à contribuer à son développement durable.
Bien que les Examens d’État soient organisés sur l’ensemble du territoire national, des inquiétudes persistent dans certaines régions de l’est de la RDC toujours confrontées à l’insécurité et aux conflits armés.
Dans la province du Sud-Kivu, particulièrement dans les zones de Minembwe et d’autres localités habitées par les Banyamulenge, la situation sécuritaire demeure préoccupante en raison des affrontements opposant plusieurs groupes armés à la coalition composée des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), des forces burundaises, des groupes Wazalendo ainsi que des combattants des FDLR.
Ces conflits, qui perdurent depuis plusieurs années, ont eu de lourdes conséquences sur les conditions de vie des populations, notamment sur le secteur de l’éducation. De nombreuses écoles ont été fermées ou endommagées, tandis qu’un grand nombre d’enseignants et d’élèves ont été contraints de fuir vers d’autres régions du pays ou vers les pays voisins.
Les informations recueillies par Minembwe Capital News indiquent que dans des villes comme Uvira et Baraka, les examens se déroulent conformément au calendrier prévu. Toutefois, les modalités d’organisation des épreuves dans certaines parties de Minembwe, toujours affectées par les combats et difficilement accessibles aux autorités de l’État, ne sont pas encore clairement établies.
Les habitants de cette région affirment que la guerre a considérablement freiné le développement du système éducatif, de nombreux enfants étant privés d’une scolarité normale depuis plusieurs années en raison de l’insécurité persistante et des attaques récurrentes.
La ministre Raïssa Malu a déclaré que les établissements scolaires et l’éducation doivent demeurer des espaces protégés de toute activité militaire ou rivalité politique. Elle a insisté sur le fait que, même dans les zones touchées par l’insécurité, les enfants doivent pouvoir passer leurs examens dans la tranquillité et la dignité.
Elle a également remercié les différents partenaires ayant contribué à l’acheminement du matériel d’examen dans toutes les régions du pays, y compris celles contrôlées ou affectées par des groupes armés. Selon elle, cette démarche vise à garantir à chaque enfant congolais son droit à l’éducation et à une évaluation équitable.
La Technologie Continue de Moderniser l’Examen d’État
Le ministère de l’Éducation poursuit son programme de modernisation du système des Examens d’État, notamment à travers la correction et le traitement des résultats à l’aide des nouvelles technologies.
Comme l’année dernière, le processus de numérisation et de traitement digital des copies a été davantage renforcé. Des centres de numérisation (scannage) des copies d’examen sont déjà opérationnels à Kinshasa, Lubumbashi et Mbuji-Mayi.
D’autres centres ont également été ouverts dans les villes suivantes :
- Gemena ;
- Kisangani ;
- Butembo ;
- Tshikapa.
Le gouvernement affirme que cette technologie permettra d’accélérer la publication des résultats, de réduire les erreurs et de renforcer la transparence dans la gestion des Examens d’État.
Entre Espoir et Défis Persistants
Alors que plus d’un million d’élèves entament cette étape décisive de leur parcours scolaire, la persistance de l’insécurité dans l’est de la RDC continue de susciter des inquiétudes quant à l’avenir de l’éducation de nombreux enfants.
Les analystes estiment que seule une paix durable permettra à tous les enfants du Sud-Kivu, y compris ceux de Minembwe, de bénéficier des mêmes opportunités d’apprentissage et de participer aux Examens d’État dans des conditions équitables, à l’instar de tous les autres Congolais.
Bien que les Examens d’État 2026 aient officiellement débuté sur l’ensemble du territoire national, les populations vivant dans les zones toujours affectées par les conflits armés attendent encore des solutions durables en matière de sécurité afin que l’éducation cesse d’être l’un des secteurs les plus touchés par les violences.






