RDC : Graves accusations contre les forces armées, dénoncées par des habitants d’Uvira et de Mwenga
Alors que l’insécurité demeure une préoccupation majeure dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les habitants des zones montagneuses de Bijombo, dans le groupement de Ndondo en territoire d’Uvira, ainsi que ceux des hauteurs de Tombwe, en territoire de Mwenga, expriment de vives inquiétudes face aux violences qu’ils attribuent aux forces armées congolaises, appuyées par des troupes burundaises.
Selon ces populations, lors de leurs déplacements à pied vers la ville d’Uvira, elles sont fréquemment victimes de vols et de pillages perpétrés par des éléments des FARDC, en collaboration avec des militaires burundais. Elles ont fait part de ces accusations dans une déclaration adressée aux médias, sollicitant l’intervention urgente des autorités centrales à Kinshasa.
Elles déclarent : « Nous, habitants des montagnes de Ndondo à Uvira et de Tombwe à Mwenga, notamment dans la zone de Gipupu, sommes profondément préoccupés par les violences commises par les soldats des FARDC et les forces burundaises. Ils nous dépouillent de nos biens lorsque nous sommes en route vers Uvira. Nous demandons que notre appel soit relayé auprès des autorités à Kinshasa afin que des mesures urgentes soient prises. »
Ces habitants, issus de différentes communautés notamment les Bafulero, Banyindu et Bashi, affirment que leurs activités commerciales ont été gravement perturbées par l’insécurité. Outre les vols d’argent et de marchandises, ils signalent également des cas de meurtres et d’arrestations arbitraires, certaines personnes étant accusées à tort de collaboration avec des groupes armés.
Un autre point fortement souligné concerne les zones où ils disent se sentir relativement en sécurité. Ils affirment que, dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23 et le groupe MRDP-Twirwaneho, la sécurité serait comparativement meilleure, bien qu’il s’agisse de mouvements rebelles opposés au gouvernement.
Ils ajoutent : « Il est paradoxal que les forces de l’État, censées nous protéger, soient celles qui nous terrorisent et nous pillent. En revanche, lorsque nous atteignons des zones contrôlées par l’AFC/M23 et Twirwaneho, nous ressentons une certaine tranquillité. »
Ces propos traduisent une profonde crise de confiance entre la population et les institutions sécuritaires de l’État, certains habitants estimant trouver davantage de sécurité dans des zones échappant au contrôle gouvernemental.
Des sources locales rapportent également des violences spécifiques visant la communauté banyamulenge. Selon plusieurs témoignages, certains de ses membres seraient victimes d’exactions, allant jusqu’à des assassinats, des arrestations arbitraires ou des détentions à Kinshasa, souvent sur la base d’accusations de complicité avec des groupes rebelles. Cette situation alimente davantage les tensions ethniques dans la région.
À ce jour, l’est de la RDC reste en proie à des conflits persistants. Bien que le gouvernement congolais affirme intensifier ses efforts pour rétablir la paix, de telles accusations mettent en lumière des failles importantes dans le fonctionnement des forces de sécurité et dans la protection des civils.
Par ailleurs, des inquiétudes subsistent quant au rôle des forces étrangères, notamment burundaises, engagées dans les opérations militaires en RDC, certaines populations les accusant de participation aux violences.
Les observateurs de la situation en RDC soulignent que la résolution durable de cette crise ne peut reposer uniquement sur des actions militaires. Elle nécessite également des solutions politiques inclusives, notamment le dialogue et des réformes de gouvernance, afin de restaurer la confiance entre les citoyens et l’État.
Alors que les appels à l’aide se multiplient, des interrogations persistent quant aux mesures que prendra le gouvernement après ces alertes, ainsi qu’aux actions urgentes à engager pour garantir la sécurité et les droits fondamentaux des civils, en particulier dans les zones les plus touchées par les conflits et l’insécurité.







