RDC : La controverse sur la révision de la Constitution se poursuit entre l’UDPS et la CENCO
Alors que la République démocratique du Congo (RDC) traverse une période marquée par de sérieux défis sécuritaires dans l’est du pays, des difficultés économiques ainsi que des débats croissants sur la gouvernance et l’avenir des institutions démocratiques, la question de la révision de la Constitution continue de susciter de vives controverses entre le pouvoir en place et plusieurs acteurs influents de la vie nationale.
Le Secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, a une nouvelle fois réaffirmé que le projet de révision de la Constitution demeure d’actualité et sera mis en œuvre, malgré les nombreuses voix qui s’y opposent.
Réagissant aux prises de position de l’Église catholique à travers la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), M. Kabuya a déclaré que chacun avait le droit d’exprimer son opinion sur les questions concernant l’avenir du pays, tout en soulignant que le pouvoir dispose également du droit de mettre en œuvre son programme politique.
Il a déclaré :
« À l’époque, je pensais que N’shole était une personne sérieuse et réfléchie. La CENCO a le droit d’exprimer son point de vue. Nous aussi, nous avons ce droit. Nous allons changer la Constitution. Oui, qu’ils soient d’accord ou non, cette Constitution sera révisée. »
Ces déclarations interviennent après un communiqué lu par l’abbé Donatien N’shole au nom de la CENCO, dans lequel les évêques catholiques ont exprimé de profondes inquiétudes concernant le projet de révision constitutionnelle. Ils estiment notamment qu’une telle initiative pourrait ouvrir la voie à un nouveau mandat du président Félix Tshisekedi, avec le risque de créer des tensions politiques susceptibles de fragiliser la stabilité du pays.
En réponse aux préoccupations exprimées par la CENCO, Augustin Kabuya ne s’est pas limité à défendre la position de son parti. Il a également critiqué l’abbé Donatien N’shole, affirmant que ce dernier ne disposait d’aucun mandat pour parler au nom de l’ensemble des Congolais ou de leurs différentes composantes.
Il a déclaré :
« Il n’a aucun mandat pour parler au nom des autres. Il n’a même pas de famille dont il pourrait prétendre représenter l’épouse ou les enfants. »
Ces propos ont rapidement alimenté les débats dans les milieux politiques et au sein de l’opinion publique. Certains y voient une attaque directe contre les responsables de l’Église catholique, tandis que d’autres considèrent qu’il s’agit d’une réponse à ce qu’ils perçoivent comme une ingérence de la CENCO dans les affaires politiques.
Actuellement, la scène politique congolaise est marquée par une profonde divergence de vues entre les partisans du président Félix Tshisekedi et ses opposants. Tandis que certains estiment qu’une révision de la Constitution est nécessaire pour l’adapter aux réalités actuelles du pays, d’autres craignent qu’elle ne serve de prélude à des modifications destinées à prolonger le maintien au pouvoir du chef de l’État au-delà des limites prévues par la Constitution actuelle.
L’Église catholique, qui joue un rôle important dans la vie politique et sociale de la RDC, a souvent été une voix influente lors des processus électoraux et des débats liés à la gouvernance. De son côté, le pouvoir du président Tshisekedi ainsi que l’UDPS continuent de soutenir que certaines réformes constitutionnelles sont indispensables pour améliorer le fonctionnement des institutions et répondre aux défis du développement national.
Selon plusieurs analystes politiques, les débats autour de la révision de la Constitution pourraient accentuer davantage les tensions politiques dans un contexte déjà marqué par les conflits armés dans l’est du pays, l’activisme des groupes armés et les difficultés économiques qui affectent durement la population.
Alors que le gouvernement du président Félix Tshisekedi maintient sa volonté de mener à bien la réforme constitutionnelle, la CENCO ainsi que diverses organisations de la société civile continuent de plaider en faveur d’un dialogue approfondi et respectueux des principes démocratiques, afin de prévenir toute crise politique susceptible de déstabiliser le pays.
À ce jour, la question de la révision de la Constitution demeure l’un des principaux sujets de débat en RDC et pourrait avoir une influence déterminante sur l’évolution du paysage politique congolais dans les années à venir.





