Le Territoire de Fizi Tire la Sonnette d’Alarme sur la Crise Humanitaire à Minembwe alors que Kinshasa et Bujumbura Poursuivent leur Coopération Militaire
L’administration du territoire de Fizi a exprimé son inquiétude face à la détérioration continue de la situation humanitaire dans la région de Minembwe, à la suite des affrontements intenses qui opposent depuis plusieurs jours le MRDP-Twirwaneho à une coalition composée des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), de l’armée burundaise, des groupes Wazalendo et des FDLR.
L’administrateur du territoire de Fizi, Sammy Badibanga Kalonji, a indiqué que ces combats ont provoqué le déplacement de nombreux civils, notamment ceux provenant des localités de Bidegu, UGEAFI, Lundu et Gitavi, où les FARDC affirment avoir lancé des offensives le 16 juin 2026.
Selon lui, un grand nombre de déplacés se sont réfugiés dans le centre de Minembwe après avoir fui les affrontements qui se sont déroulés dans plusieurs zones environnantes.
Il a déclaré :
« Sur le plan humanitaire, un très grand nombre de civils se sont réfugiés à Minembwe Centre en provenance de Lundu, Gitavi, Gakenke et Bidegu. »
Ces déclarations interviennent alors que des informations en provenance de différentes localités de Minembwe font état de lourdes conséquences du conflit sur les populations civiles, notamment le manque de nourriture, l’accès limité aux soins de santé, l’absence d’abris adéquats ainsi que l’insécurité persistante.
Sammy Badibanga Kalonji a également accusé le Rwanda de soutenir l’AFC/M23 dans le conflit qui secoue l’Est de la RDC, des accusations que Kigali continue de rejeter. Le Rwanda affirme plutôt que les FARDC et l’armée burundaise coopèrent étroitement avec les FDLR, un groupe armé comprenant des individus impliqués dans le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994.
Par ailleurs, des informations en provenance de Minembwe indiquent que des drones des FARDC et de l’armée burundaise auraient poursuivi des frappes visant des infrastructures essentielles, notamment des hôpitaux, des habitations civiles, du bétail ainsi que des champs agricoles.
Dans son message, l’administrateur de Fizi a appelé les communautés de toutes les ethnies vivant dans le territoire à privilégier la paix, la réconciliation et la coexistence pacifique.
Il a exhorté les habitants à éviter tout acte susceptible d’alimenter les divisions ou la haine ethnique, soulignant que la paix demeure le fondement du développement et de la sécurité des populations.
Alors que les autorités de Fizi continuent de lancer des appels en faveur de la paix, de nombreux membres de la communauté Banyamulenge affirment demeurer profondément préoccupés par la coopération militaire entre les gouvernements de Kinshasa et de Bujumbura dans les opérations menées dans les hauts plateaux de Minembwe.
Certains analystes de la région soulignent que, depuis plusieurs années, les forces burundaises participent régulièrement à des opérations militaires conjointes avec les FARDC dans différentes parties du Sud-Kivu, particulièrement dans les zones habitées par les Banyamulenge. Cette situation a conduit une partie de cette communauté à considérer que les offensives menées contre eux ne relèvent pas uniquement de la lutte contre les groupes armés, mais s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à affaiblir leur présence et leurs capacités dans la région.
Du côté des Banyamulenge, plusieurs voix affirment que les opérations militaires menées conjointement par les FARDC, les Wazalendo et l’armée burundaise ont entraîné le déplacement massif de populations, le pillage du bétail ainsi que la destruction des activités agricoles, aggravant davantage la crise humanitaire.
Bien que les gouvernements de la RDC et du Burundi soutiennent que leurs opérations visent à lutter contre les groupes armés et à rétablir l’autorité de l’État dans les zones affectées par l’insécurité, de nombreux habitants de Minembwe continuent de réclamer des solutions politiques et des initiatives de réconciliation plutôt qu’une poursuite des affrontements armés.
La situation à Minembwe continue d’illustrer la gravité de la crise sécuritaire dans le Sud-Kivu, où les autorités de Kinshasa affirment agir pour protéger les populations civiles, tandis que leurs détracteurs les accusent de poursuivre des objectifs contraires à cet engagement.
Alors que les FARDC déclarent reprendre le contrôle de zones précédemment occupées par des groupes armés, le MRDP-Twirwaneho et ses partisans affirment mener une lutte destinée à protéger les populations banyamulenge, qu’ils estiment victimes depuis de nombreuses années d’attaques et d’exactions attribuées à l’armée congolaise et à ses alliés.
Les analystes estiment que, faute d’une solution politique crédible et d’une médiation efficace, Minembwe risque de demeurer l’un des principaux foyers d’instabilité dans l’Est de la RDC, tandis que la crise humanitaire pourrait continuer à s’aggraver.
Alors que les combats se poursuivent aux abords de Minembwe, les populations locales continuent d’appeler toutes les parties au conflit à mettre fin aux opérations militaires et à privilégier le dialogue. Pendant ce temps, la question des déplacés de guerre, l’insécurité alimentaire et les préoccupations croissantes liées à la sécurité demeurent parmi les principaux défis auxquels sont confrontés les habitants de cette région.






