Minembwe : Les allégations de Kongolo sur des frappes de drones suscitent la controverse alors que les combats s’intensifient
Alors que les affrontements continuent de prendre de l’ampleur dans les hauts plateaux de Minembwe entre le MRDP-Twirwaneho et la coalition des forces gouvernementales de la République démocratique du Congo (FARDC), composée notamment de militaires burundais, de combattants Wazalendo et des FDLR, diverses informations circulent au sujet de frappes de drones signalées dans cette région.
Cette situation fait suite à un message publié sur le réseau social X (anciennement Twitter) par Jacques Kongolo, l’un des conseillers du président Félix Tshisekedi en matière de sécurité. Celui-ci a affirmé que, de 21 heures à 4 heures du matin ce mercredi 17 juin 2026, des drones appartenant à un « pays voisin » avaient mené des frappes sur plusieurs positions qu’il a présentées comme étant sous contrôle des FARDC, notamment à Gitavi, Lundu, chez Bikino, à proximité de l’église CELPA UGEAFI, à Gakenke ainsi qu’aux abords de la rivière Minembwe. Toutefois, des informations concordantes indiquent que l’ensemble de ces localités est actuellement contrôlé par le MRDP-Twirwaneho.
Dans son message, Jacques Kongolo a également affirmé que des habitants avaient fui vers les forêts pour échapper aux bombardements attribués à ces drones. Il a appelé les FARDC à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection des populations civiles de Minembwe et de ses environs. Si certains observateurs évoquent la persistance de l’insécurité dans la région, d’autres accusent également les FARDC et leurs alliés d’être impliqués dans des actes affectant les populations civiles, en particulier les Banyamulenge.
Cependant, plusieurs sources locales ainsi que des habitants vivant à proximité des zones de combat contestent les déclarations de Kongolo. Selon ces témoignages, les drones observés dans la région seraient ceux des FARDC, utilisés dans le cadre d’opérations militaires. Les projectiles tirés auraient notamment touché des zones habitées par des civils banyamulenge, principalement à Lundu, Gitavi, Gakenke et dans d’autres secteurs proches du centre de Minembwe.
Les habitants de ces localités affirment que ces frappes ont contraint de nombreuses familles à abandonner leurs habitations pour chercher refuge dans les forêts et les zones montagneuses éloignées des combats.
Ces événements interviennent alors que de violents affrontements se poursuivent dans la zone de Kalingi entre le MRDP-Twirwaneho et la coalition des forces gouvernementales congolaises. Des informations recueillies par Minembwe Capital News auprès de différentes sources indiquent que les FARDC et leurs alliés sont partis de Bidegu, certains progressant vers Ruhinamavi tandis que d’autres ont emprunté l’axe de Mucyamu en direction de Lundu, chez Gakina.
Selon ces mêmes sources, une fois arrivées dans ces secteurs, les forces de la coalition auraient rencontré les combattants du MRDP-Twirwaneho, donnant lieu à de violents affrontements. Il est rapporté qu’une partie des éléments de la coalition des FARDC aurait été contrainte de se replier vers Bidegu, tandis que d’autres auraient poursuivi leur retrait en direction de Kalingi et de Mutunda.
Des informations provenant du front indiquent également que de violents combats ont eu lieu ce jour dans la région de Kalingi, où le MRDP-Twirwaneho aurait réussi à repousser les forces de la coalition des FARDC. Aucune des parties n’a toutefois communiqué officiellement sur le nombre de morts ou de blessés enregistrés au cours de ces affrontements.
Dans la zone de Gakenke, d’autres combats particulièrement intenses ont également été signalés. Des sources locales affirment que la coalition des FARDC a été contrainte de battre en retraite après plusieurs heures de combats.
Par ailleurs, des informations qui n’ont pas encore été confirmées par l’ensemble des parties concernées font état de la chute d’un drone des FARDC dans la région de Kalemie, après qu’il aurait été abattu lors d’opérations militaires menées à Minembwe. Aucune communication officielle des FARDC ou des services de sécurité compétents n’est toutefois venue confirmer ces informations à ce stade.
Les observateurs de la situation dans la région estiment que la diffusion continue d’informations non vérifiées concernant l’implication des différentes parties au conflit risque d’exacerber davantage les tensions et de créer la confusion parmi des populations déjà profondément affectées par l’insécurité persistante dans les hauts plateaux de Minembwe.
Alors que les combats continuent de s’intensifier, les habitants de Lundu, Gitavi, Gakenke, Kalingi ainsi que d’autres localités touchées par le conflit appellent l’ensemble des belligérants à respecter les dispositions du droit international humanitaire relatives à la protection des civils, afin d’éviter que les populations ne continuent de payer le prix des opérations militaires menées à proximité de leurs habitations.






