RDC : Le débat sur un troisième mandat du président Félix Tshisekedi s’intensifie, tandis qu’une nouvelle analyse met en garde contre les risques potentiels
MINEMBWE CAPITAL NEWS (MCN)
Alors que le débat autour d’un éventuel projet de révision de la Constitution de la République démocratique du Congo (RDC) continue de prendre de l’ampleur, le chercheur Christian-Géraud Neema estime que le silence des États-Unis face aux spéculations selon lesquelles le président Félix Tshisekedi pourrait briguer un troisième mandat pourrait avoir des répercussions tant sur les intérêts américains que sur la stabilité de la RDC.
Dans une analyse récemment publiée, Neema affirme que l’administration du président Tshisekedi invoque régulièrement l’Accord de Partenariat Stratégique (Strategic Partnership Agreement – SPA), signé entre les États-Unis et la RDC en décembre 2025, comme un élément susceptible de justifier une révision de la Constitution. Toutefois, le chercheur souligne que cet accord ne prévoit nullement une modification de la Loi fondamentale, mais porte essentiellement sur des réformes liées à l’investissement, au cadre juridique du secteur minier ainsi qu’au régime fiscal.
Selon lui, l’absence de prise de position officielle de Washington sur cette question pourrait être interprétée par certains comme un soutien implicite au projet attribué au président Tshisekedi, ce qui risquerait d’alimenter davantage les tensions politiques.
Le président Félix Tshisekedi est à la tête de la RDC depuis près de deux mandats. Au cours de cette période, son gouvernement affirme avoir engagé d’importantes réformes dans les secteurs de la sécurité, des infrastructures et du renforcement des partenariats internationaux en matière d’investissement et de coopération sécuritaire.
Cependant, l’opposition, plusieurs analystes ainsi qu’une partie de la population estiment que ces résultats restent en deçà des attentes. Ils dénoncent notamment la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’est du pays, tandis que de nombreux citoyens jugent insuffisantes les réalisations en matière de développement au regard des défis auxquels la RDC demeure confrontée.
Ces dernières années, le gouvernement du président Tshisekedi a consacré d’importantes ressources au renforcement des capacités des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), notamment à travers l’acquisition d’équipements militaires modernes, dont des drones et d’autres armements. Il a également renforcé la coopération militaire avec plusieurs pays de la région ainsi qu’avec des partenaires internationaux afin de faire face à la coalition Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), active dans l’est de la RDC.
Malgré ces efforts, le conflit a continué de s’intensifier. Selon les déclarations des différentes parties, l’AFC/M23 et le MRDP-Twirwaneho poursuivent leur progression en prenant le contrôle de plusieurs localités. Cette évolution a conduit certains observateurs à critiquer la stratégie militaire du président Tshisekedi, estimant qu’elle n’a pas produit les résultats escomptés.
D’autres critiques reprochent également au président Tshisekedi d’avoir rejeté, dans un premier temps, l’option d’un dialogue politique avec les groupes qui lui sont opposés, avant que des initiatives de médiation soutenues par des partenaires internationaux ne soient engagées. De son côté, le gouvernement de Kinshasa soutient que sa priorité demeure la préservation de la souveraineté nationale et le refus de légitimer les groupes armés.
Les populations civiles ainsi que plusieurs organisations de défense des droits humains continuent d’exprimer leurs préoccupations face aux allégations de violations des droits de l’homme, de pillages et d’exécutions visant des civils, qui seraient imputés aux FARDC ainsi qu’à certains groupes armés alliés au gouvernement de Kinshasa.
De leur côté, les dirigeants de l’AFC/M23 et du MRDP-Twirwaneho affirment avoir accordé la priorité, dans les zones qu’ils contrôlent, à la construction de routes, de ponts, d’hôpitaux et d’autres infrastructures. Ces déclarations demeurent toutefois sujettes à controverse, tandis que le gouvernement de Kinshasa continue d’accuser ces mouvements de porter atteinte à la souveraineté de la RDC.
Dans sa conclusion, Christian-Géraud Neema estime que si les débats autour d’une révision de la Constitution continuent de s’intensifier, la RDC pourrait être confrontée à une crise politique venant s’ajouter au conflit déjà en cours dans l’est du pays. Selon lui, une telle évolution pourrait avoir des conséquences négatives sur les investissements, la sécurité ainsi que sur les objectifs du partenariat stratégique entre les États-Unis et la RDC.
Le chercheur rappelle également que, sous la présidence de Joseph Kabila, les États-Unis avaient publiquement réaffirmé leur attachement au respect des dispositions constitutionnelles relatives à la limitation du nombre de mandats présidentiels. À ses yeux, une prise de position claire de Washington sur cette question pourrait contribuer à apaiser les tensions politiques et à favoriser une stabilité durable en République démocratique du Congo.
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